• Info générale : Le quinoa, équitable ou locale ? Dossier "mise en perspective".

    Source: http://www.maxisciences.com

    Le quinoa, également surnommé "graine des Incas", était jusqu’ici cultivé dans les Andes. Quelques agriculteurs se sont lancés dans l’aventure en France et tentent de cultiver cette plante dans le Val de Loire.

    Le quinoa est une graine riche en fibres, en protéines et en minéraux. Appartenant à la famille des épinards (Chénopodiacées), elle ne contient pas de gluten. De ce fait, elle convient particulièrement bien aux personnes qui y sont intolérantes et possède l’avantage de réunir l’ensemble des acides aminés essentiels nécessaires au corps humain. Elle est donc également adaptée aux végétariens explique Jason Abbott, un ingénieur agronome américain interrogé par l'AFP, qui s'est lancé dans la culture de la "graine des Incas" à Longué-Jumelles, dans le Maine-et-Loire.

    En effet, le quinoa, habituellement cultivé sur les hauts-plateaux des Andes s’invite désormais en France. Des agriculteurs réunis autour de la Coopérative agricole des Pays de la Loire (CAPL), porteuse de ce projet, cherchent à créer la première filière quinoa de France. La surface cultivée, qui s’étend de l’Anjou au sud de la Sarthe jusqu’au Poitou, a doublé entre 2009 et 2010 et recouvre actuellement 200 hectares qui ont permis de produire 216 tonnes l’an passé. "On espère bien atteindre les 300 hectares en 2011", indique Patrick Brémaud, le directeur de la CAPL.

    Selon lui, 6 à 7.000 tonnes de quinoa sont consommées en Europe chaque année dont la moitié en France. A l’heure actuelle, le pays producteur est la Bolivie qui commercialise, sous label bio et via des circuits de commerce équitable, cette graine qui se retrouve aux rayons bios des supermarchés. Utilisé en salade, en taboulé ou encore en risotto, le quinoa français peut se faire connaître estime M. Brémaud. Il pourrait "sécuriser l'approvisionnement des acheteurs" susceptibles d'être "confrontés à des ruptures de stock".

    Pour l’heure, les premières récoltes du Val de Loire restent très modestes, indique Sciences et Avenir. Elles sont pourtant le fruit d'un "travail de 20 ans" réalisé en partenariat avec les Pays-Bas et le Danemark. En effet, comme l’explique à l'AFP Jason Abbott, il a fallu mettre au point des variétés capables de s’adapter à la culture sur le sol français. Actuellement, deux laboratoires de l'Ecole supérieure d'agriculture d'Angers (ESA), planchent sur les moyens d’améliorer la culture de la graine.

    A priori, le climat du Val de Loire convient bien au quinoa. La plante ne peut pas supporter les grosses chaleurs, l'excès d'humidité et le manque d'eau. De plus, il est interdit d’utiliser des produits phytosanitaires pour cette culture, mise en place en mars puis récoltée à la mi-août. Réaliste, Jason Abbott admet que beaucoup de choses restent à mettre au point. Il cite notamment "la date et la densité des semis", "la lutte contre les ravageurs et les maladies" (les  punaises et les chenilles ont ravagé la première récolte). "Même en 3e année, on est encore en test", souligne Patrick Brémaud.

     

    Article à mettre en perspective avec :

    Le quinoa: bio et équitable?

    Produit phare du commerce bio et équitable, le quinoa a le vent en poupe. Il est depuis quelques dizaines d'années massivement exporté de Bolivie, principal pays producteur. Mais la demande croissante pourrait mettre en péril le fragile équilibre économique et environnemental des hauts plateaux andins.

    Présentation

    Le quinoa, ou Chenopodium quinoa, est une plante herbacée annuelle de la famille des Chénopodiacées. Considéré comme une pseudo-céréale, il est en réalité plus proche du légume, de la même famille que les épinards et les betteraves.

    C'est bien joli tous ces noms scientifiques, mais à quoi ça ressemble? Vous en avez sûrement déjà vu, d'autant que le quinoa connaît depuis une vingtaine d'années un succès grandissant. Il s'agit d'un tout petit grain rond entouré d'un germe blanc (il existe aussi du quinoa sauvage de couleur rouge) connu pour ses qualités nutritionnelles remarquables.

    Histoire

    Le quinoa est cultivé depuis des millénaires – plus de 5000 ans - sur les hauts plateaux andins, pour son exceptionnelle résistance aux contraintes environnementales, notamment au gel (plus de 200 jours de gelée par an) et à la sécheresse.

    Il est aussi nommé « riz des Incas » ou « chisiya mama », qui signifie en quechua « graine mère ». Cela illustre bien son importance au sein des civilisations pré-colombiennes. Il constituait avec le haricot, la pomme de terre et le maïs la base de l'alimentation des Incas, mais contrairement à ces derniers, il n'a pas séduit les conquérants espagnols qui en remplacèrent la culture au profit de celle du blé et de l’orge.

    Dans les années 1970, les Occidentaux en quête d'une alimentation plus saine découvrent la petite graine. Grâce à ses qualités nutritionnelles et son goût elle conquiert peu à peu l'Europe et l'Amérique du Nord. La France en est même devenue le premier consommateur européen.

    La demande croissante, la perspective d'un marché juteux et la difficulté d'adapter une production à grande échelle aux hauts plateaux escarpés de Bolivie poussent d'autres contrées à se lancer dans la culture du quinoa. Elle s'étend aujourd'hui aux milieux très divers du littoral Pacifique, de l'Altiplano central ou des vallées subtropicales des Andes, ainsi qu'à près de cinquante pays dans le monde.

    Les effets de la production massive en Bolivie

    S'il constitue un formidable espoir pour les populations locales des zones de production, notamment dans le sud-est de la Bolivie, l'engouement pour le quinoa n'est pas sans laisser planer d'importants risques au-dessus de leurs têtes.

    effets économiques et sociaux

    La grande distribution a flairé dans le quinoa un marché juteux et en a empli ses rayons bio et équitable. L'effet sur la production est considérable: la Bolivie a vu ses exportations exploser (elles sont passées selon l’organisme bolivien Ceprobol de 2 300 à 7 640 tonnes entre 2003 et 2006).

    La part de la production destinée à l'exportation est vendue à de grosses organisations comme Anapqui - une organisation paysanne nationale tournée vers le commerce équitable - ou Jatary - une usine franco-bolivienne liée à Carrefour, pratiquant également le commerce équitable, qui impose la jachère mais subventionne l'achat de tracteurs.

    Certes le boom du quinoa permet aux cultivateurs et leurs familles de subsister; il limite l'exode rural des populations extrêmement pauvres de l'Altiplano bolivien mais il n'est pas sans contrepartie.

    La demande croissante tire le prix du quinoa non labellisé « commerce équitable » vers le bas. Pire, certaines filières dites équitables adoptent un comportement plus mercantile que solidaire, à plus forte raison depuis que les requins de la grande distribution sont entrés dans la bataille.

    Autre revers de cette belle médaille, un vent d'individualisme et de conflits sociaux s'est instillé au sein de la population locale, fragilisant leur administration pluriséculaire en organisations paysannes.

    effets environnementaux

    Traditionnellement, l'agrosystème de l'Altiplano était régi par les mantas: les cultures, dont celle du quinoa, étaient cantonnées aux côteaux épargnés par le gel. Elles étaient fertilisées par le fumier produit par les troupeaux de lamas qui occupaient la puna - la grande plaine couverte d'une prairie naturelle que forme l'Altiplano à 4000 mètres d'altitude. La fertilité des sols était renforcée par l'assolement triennal géré par la communauté.

    Pour suffire à la croissance exponentielle de la demande, beaucoup de producteurs renoncent à ces méthodes, bouleversant ainsi l'équilibre environnemental.

    Le quinoa a envahi la puna, accessible aux tracteurs et plus spacieuse, reléguant les lamas sur une portion congrue de la plaine. Les rotations des cultures ne sont plus respectées et les tracteurs creusent trop profondément les sols, favorisant le développement des insectes.

    Les conséquences sont lourdes: la fertilité des parcelles s'amenuise, l'engrais naturel produit par les lamas ne suffit plus et les cultivateurs recourent à des engrais.

    Faut-il continuer à acheter du quinoa ?
    La question est posée : en consommateurs responsables, il importe de ne pas gâcher l’impact éminemment positif – le fait est suffisamment rare pour le souligner - du développement d’une culture, qui bénéficie à une société traditionnelle andine et à l’écosystème qui l’accueille, pour peu que soient maintenus la structure sociale paysanne et le mode de production originels.

    Si c’est là notre but, une seule solution : tournons le dos à la grande distribution, qui n’a cure du bien-être des paysans et des terres de l’Altiplano.

    Choisissons des échoppes qui aspirent à vendre sans se compromettre vis-à-vis de la dignité des peuples, de leur identité, de leurs cultures, de la nature.

    Anne-Laure DUBOIS.

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