• Info : Grande victoire pour les lobbies de l’industrie pharmaceutique !

    Bruxelles - Grande victoire pour les lobbies de l’industrie pharmaceutique :

    Les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE !
    Du Site Votre Santé - 5 octobre 2010 -

    Disparition programmée de l'homéopathie, la phytothérapie, la gemmothérapie, les plantes de Médecine chinoise, l'herboristerie, l''aromathérapie, extraits de plantes, eaux florales, elixirs, macérats, oligo-thérapie pour les faire rentrer dans la Pharmacie...


    C’est quasiment fait ! Nous allons voir disparaître les préparations à base de plantes, ainsi que la possibilité, pour les herboristes, de les prescrire.


    L’industrie pharmaceutique, qui depuis quelques décennies tente d’éliminer toute concurrence, a presque atteint son but. Le 1er avril 2011— dans moins de huit mois — pratiquement toutes les plantes médicinales seront illégales dans l’Union Européenne. L’approche adoptée aux Etats-Unis est un peu différente, mais a le même effet dévastateur. Les gens sont devenus des réceptacles pour toutes les cochonneries que l’industrie pharmaceutique et l’agrobusiness choisit de déposer, et nous n’avons d’autre choix que de payer le prix qu’ils demandent.
     
    L’industrie pharmaceutique et l’agrobusiness sont presque arrivés à contrôler chaque aspect de notre santé, depuis la nourriture que nous mangeons jusqu’à la façon dont nous nous soignons quand nous sommes malades. Soyez-en sûrs : cette prise de contrôle prendra tout ce qu’il reste de notre santé.

    Dès le 1er avril prochain

    Dans un des pires poisson d’avril de tous les temps, la directive européenne pour les produits à base de plantes médicinales traditionnelles (THMPD), décrétée le 31 mars 2004, réglemente l’usage des produits à base de plantes qui étaient auparavant librement échangés.

    Cette directive demande à ce que toutes les préparations à base de plantes soit soumises au même type de procédure que les médicaments. Peu importe si une plante est d’un usage courant depuis des milliers d’années. Le coût de cette procédure, estimé à 90 000 à 140 000 euros par plante, est bien au-delà de ce que la plupart des fabricants peuvent payer, et chaque plante d’un composé doit être traitée séparément.

    Peu importe si une plante utilisée depuis des milliers d’années est sans danger et efficace. Elle sera considérée comme un médicament. Bien sûr, les plantes sont loin d’être des médicaments. Ce sont des préparations faites à partir de sources biologiques. Elles ne sont pas nécessairement purifiées, car cela peut modifier leur nature et leur efficacité, comme pour tout aliment. C’est une distorsion de leur nature et de la nature de l’herboriste de les prendre pour des médicaments. Cela, bien sûr, ne compte pas pour le monde pharmaceutique européen contrôlé par Big Pharma, qui a gravé le corporatisme dans le marbre de sa constitution.


    Le Dr. Robert Verkerk de l’Alliance for Natural Health, International (ANH) décrit le problème qui se pose si l’on demande à ce que les préparations à base de plantes répondent aux mêmes normes de conformité que les médicaments :


    Faire passer un remède classique à base de plantes, provenant d’une culture médicale traditionnelle non-européenne, au travers du système d’autorisation de mise sur le marché de l’UE, s’apparente à faire passer une cheville carrée dans un trou rond. Le système de régulation ignore les traditions spécifiques et n’est donc pas adapté. Une adaptation est requise de toute urgence si la directive est discriminatoire à l’égard des cultures non-européennes et viole par conséquent les droits de l’homme.

    Le droit commercial

    Pour mieux comprendre comment cela peut se produire, il faut savoir que les lois du commerce ont été au centre des initiatives visant à mettre tous les aspects de l’alimentation et la médecine sous le contrôle de l’industrie pharmaceutique et de l’agrobusiness.

    Si vous avez suivi ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis concernant le lait cru et la Food and Drug Administration (FDA) qui déclare que les aliments se transforment par magie en médicaments quand on affirme qu’ils sont bons pour la santé, vous avez pu remarquer que la Federal Trade Commission (FTC) a pris part au processus.

    Les aliments et les médecines traditionnelles sont considérés comme des questions commerciales plutôt que comme une question de droits de l’homme. Cela place les désirs des grandes corporations, plutôt que les besoins et désirs des gens, au centre des lois sur les aliments et plantes. C’est cette distorsion qui transparaît dans les déclarations outrageusement absurdes de la FDA, affirmant par exemple que les Cheerios (des céréales de petit-déjeûner) et les noix sont presque des médicaments simplement parce qu’on dit que c’est bon pour la santé.

    Le but de tout cela est de sécuriser le monde pour le libre-échange des multinationales. Les besoins et la santé des gens ne rentrent tout simplement pas en considération.

    Comment combattre cette intrusion sur notre santé et notre bien-être ?


    -Ce n’est pas chose faite, du moins, pas tout-à-fait. Si vous tenez aux plantes, et si vous vous souciez des vitamines et autres suppléments, agissez s’il-vous-plaît ! Même si ces questions vous semblent sans importance, pensez aux gens pour qui ça l’es ! Doit-on leur interdire le droit au traitement médical et aux soins de santé de leur choix ?

    L’ANH lutte activement contre ces intrusions. Ils vont actuellement devant les tribunaux pour tenter de stopper la mise en application de la THMPD. Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils réussiront, mais l’histoire récente montre qu’aucune man½uvre légale ne peut s’opposer à ce rouleau compresseur. Nous ne pouvons pas nous asseoir et attendre les résultats de leurs efforts. Nous devons voir leurs efforts comme faisant partie d’un tout, dans lequel chacun de nous joue un rôle.

    C’est à vous — à chacun d’entre vous — d’agir. Envoyez une lettre ou un message à votre député Européen en déclarant, en termes non équivoques, que vous soutenez fortement l’action de l’ANH pour stopper la mise en application de la THMPD et que vous espérez qu’ils vont aussi prendre position pour les droits des gens à choisir leurs remèdes médicinaux.

    Imaginez-vous devant vos enfants ou petits-enfants vous demandant pourquoi vous ne l’avez pas fait !  Comment allez-vous leur dire que leur bien-être ne vous intéressait pas ?  Comment allez-vous leur dire que regarder la dernière émission de télé-réalité importait plus que de consacrer quelques instants à écrire une simple lettre ?


    C’est seulement en luttant activement que cette farce contre votre bien-être peut être stoppée. Notre droit à protéger notre santé et celle de nos enfants est sur la balance. Si vous vous souciez du bien-être de vos enfants et petits-enfants, vous devez agir. Exprimez-vous, car maintenant, c’est le moment de vérité !  Vous pouvez rester assis et ne rien faire, ou vous pouvez vous exprimer.

    Et après l’avoir fait, parlez-en à toutes les personnes que vous connaissez. Dites-leur qu’il est temps d’agir. Il n’y a vraiment pas de temps à perdre !
     
    Autant de raisons de signer la pétition ci-dessous en faveur de la liberté en matière de thérapeutique des malades et des médecins et à faire suivre cette information à vos contacts.

    Adresse de la pétition : http://www.lapetition.be/petition.php?petid=8350

    Pour la liberté en matière de thérapeutique des malades et des médecins...

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    1
    sandyaz
    Mercredi 15 Décembre 2010 à 07:23

    Voici la réponse de Thierry Thévenin, producteur, auteur, formateur et membre fondateur:

    “Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique, les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE “: propagande, désinformation, enjeux de pouvoirs autour de l’herboristerie en Europe

    Thierry Thévenin                                                                        Mérinchal, le 18 octobre 2010

    Bonjour,

    En réponse aux multiples mails d’inquiétude que j’ai reçu ces jours-ci  de la part d’adhérents du syndicat Simples et de bien d’autres personnes, voici  mon analyse personnelle ainsi que quelques réflexions à propos du texte suivant :
    «Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique :  les plantes médicinales bientôt interdites dans l’UE »,
    texte signé Heidi Stevenson qui « tourne » largement sur le web en ce moment et que j’ai reproduit plus bas, à la suite de mon analyse.
    NB : j’ai ajouté çà et là, dans le texte original (en italique) des commentaires personnels (en gras pour plus de lisibilité)

    ANALYSE:
    Ce texte, construit comme un texte de propagande, est erroné; il accumule raccourcis et effets d’annonce chocs. Il discrédite ainsi son auteur et ses objectifs.

    Ceci étant dit, c’est dommage, car il a le mérite de mettre en lumière un phénomène bien réel et inquiétant : l’inflation galopante des outils et des procédures réglementaires qui, sous le louable prétexte de protéger le public, le déresponsabilisent et l’assujettissent progressivement aux rares groupes de pression ou d’intérêt - groupes de lobbying -  (industriels, distributeurs, médias,…) qui sont suffisamment organisés et puissants pour avoir les moyens de décrypter, analyser, orienter ces mesures ou même plus simplement d’exister légalement en passant à travers le crible de ces dispositions juridiques d’une incroyable complexité.

    Si vous en doutez ou si voulez simplement mesurer cette complexité, allez explorer l’adresse suivante: http://ec.europa.eu/health/human-use/herbal-medicines/index_en.htm (in english, sorry…) et notamment « la brève description de la procédure » qui nous intéresse à la page  : http://ec.europa.eu/health/files/eudralex/vol-2/a/vol2a_chap1_2005-11_en.pdf où on apprend bien sûr que la motivation des concepteurs poursuit bien entendu le double objectif suivant: « the protection of public health and the free movement of medicinal products. »
    NB: Par ailleurs, est complètement oubliée au passage dans ces processus de validation, la question pourtant cruciale de la disponibilité et de la durabilité des ressources médicinales, lesquelles sont encore pour une écrasante majorité issues de la récolte sauvage.

    Et si la même somme de « génie », énergie, temps passé, hommes et moyens gigantesques mis en œuvre pour établir ces outils pour la « protection de la santé et liberté de mouvement des préparations médicinales » étaient plutôt affectés à un véritable programme d’éducation, de formation des consommateurs et des prestataires (producteurs, transformateurs, prescripteurs, vendeurs) ?
    Il aura fallu près de deux ans de travail de plusieurs dizaines d’experts représentants des 27 pays – du  23/11/2005 au 07/09/07 – pour que la commission HMPC1 ( The Committee on Herbal Medicinal Products) reconnaisse aux graines de fenouil commun (Foeniculum vulgare L. ssp. ) ses indications de drogue antispasmodique expectorante ou digestive, indications connues depuis des siècles dans les cultures populaires euro-méditerranéennes et chinoises. Le cas de la feuille de vigne rouge (Vitis vinifera L. ssp.) aura pris 3 ans: entamé le 31 octobre 2007, il a aboutit seulement le 15 juillet de cette année… etc.

    Combien de temps faudrait-t il, combien d’argent cela coûterait-t il au contribuable européen pour valider  et autoriser la diffusion légale des milliers de remèdes végétaux traditionnels potentiels (le Pr Paul Fournier3 avait recensé 1500 espèces médicinales rien que pour la France métropolitaine, plus de  20 000 espèces auraient été « couramment » utilisées à travers le monde; sans même parler des remèdes composés; environ 17000 formules pour la seule médecine traditionnelle chinoise) ?

    La réponse est simple : c’est impossible et cela ne se fera jamais.

    Seront jetés dans le no-man’s land de l’illégalité – ou bien peut être dans un futur musée européen des arts médicinaux premiers - des multitudes de remèdes créoles, berrichons, tibétains, nigériens ou cévenols et  de remèdes de la tradition orale méprisée  qui ne justifieront pas des « éléments bibliographiques appropriés »; … à moins qu’ils ne « passent leur licence » dans l’éprouvette de quelque ethnopharmacologue patenté de l’industrie pharmaceutique pour renaître sous la forme d’un médicament dûment breveté et reconnu par l’EMA (European Medicines Agency).

    La politique - inévitable - qui est poursuivie à travers la Directive 2004/24/CE est de fait partiale et réductrice. Elle favorise l’hégémonie des 3 cultures dominantes au niveau mondial : occidentale (« officielle »), chinoise (MTC) et indienne (ayurvédique); et encore, cette hégémonie étant elle même traitée « au rabais ».

    Le rempart de la réglementation est-il vraiment l’outil le plus pertinent aujourd’hui pour protéger un citoyen européen globalement  ignorant et passif en matière de protection et de gestion de sa propre santé et globalement en voie « d’érosion » généralisée au niveau de son savoir médicinal traditionnel?
    Ou bien ce rempart serait-il celui - stratégique -  d’une citadelle administrative pour la conquête de laquelle se battent sans merci, les quelques groupes de lobbying précités afin de s’en disputer l’une de ses concessions les plus profitables : le marché de la « santé naturelle »?

    Ce texte de Mme Heidi Stevenson, relayé par Alliance for Natural Health International (ANH) sur une multitude de sites Internet, ne serait-il pas un épisode maladroit de cette lutte ?

    Quoi qu’il en soit, je ne souscrirai pas à l’appel de Mme Stevenson car je crois que l’avenir de la « protection de la santé et liberté de mouvement des préparations médicinales » des citoyens de l’Europe passera, non pas par une lutte médiatique ou juridique pour des droits ou des espaces commerciaux, mais plutôt par la  revendication – y compris s’il le faut par une certaine résistance citoyenne – d’espaces légaux d’éducation et de formation pour la préservation et la transmission des savoirs médicinaux traditionnels.

    L’ensemble de ces savoirs est immense et précieux, il est le fruit d’innombrables siècles d’adaptation, d’innovation, d’expérimentation des peuples, ne laissons pas accaparer, appauvrir ou enfermer ce patrimoine commun dans des cadres prétendus sécuritaires, juridiques ou scientifiques, lesquels ne sont bien souvent en réalité que des outils servant des monopoles ou des intérêts particuliers. Et faisons également attention de  pas nous laisser berner par des discours de propagande marketing qui viseraient à nous faire défendre au nom d’un prétendu principe de libre échange, un mode de consommation néo-libéral aveugle et outrancier de ce même patrimoine.

     Les plantes médicinales ne sont pas un vulgaire produit commercial, leur délivrance au consommateur ne doit pas être une activité marchande soumise aux seules règles de la spéculation et du profit.

    Il serait important et urgent au regard du regain d’intérêt croissant qu’elles suscitent en Europe de créer un statut professionnel légal communautaire accompagné d’outils d’éducation populaire et de formation professionnelle adaptés pour une continuité sûre et durable de l’expression de cet élément essentiel de la culture humaine.

    Encore et toujours, je revendique une réhabilitation rapide du métier d’herboriste dans notre pays,  qui prenne en compte les évolutions multiculturelles et les exigences environnementales qui caractérisent notre époque et notre continent, ainsi qu’une intégration de la transmission des savoirs populaires relatifs aux plantes médicinales dans l’éducation en général et dans l’éducation à la santé en particulier.

    TEXTE:

    Heidi Stevenson, samedi 25 septembre 2010
    « Grande victoire pour l’industrie pharmaceutique : Les plantes médicinales bientôt interdites dans L’UE »

    Non, c’est faux ! C’est la vente d’une plante en tant que médicinale (c’est à dire délivrée avec des indications thérapeutiques) qui sera interdite tant qu’on aura pas obtenu une AMM (autorisation de commercialisation) auprès de  The Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC). Il s’agit d’ailleurs de l’aboutissement effectif de la Directive N° 2004/24/CE du 31 mars 20044 relative aux savoirs traditionnels (plantes médicinales traditionnelles), directive citée plus bas par Mme Stevenson.

    « C’est quasiment fait. Nous allons voir disparaître les préparations à base de plante, ainsi que la possibilité pour les herboristes de les prescrire. »

    C’est faux , c’est de la pure désinformation. Il me semble que cela est juste destiné à susciter de l’émotion chez le lecteur.

    « L’industrie pharmaceutique, qui depuis quelques décennies tente d’éliminer toute concurrence, a presque atteint son but.
    Le 1 avril 2011 - dans moins de huit mois - pratiquement toutes les plantes médicinales seront illégales dans l’Union Européenne.
     »

    Non et non !!! C’est un raccourci.  Cette directive est censée permettre une procédure d’autorisation de mise sur le marché « simplifiée » pour l’enregistrement des médicaments traditionnels à base de plantes sans exiger les renseignements et les documents classiques des tests et essais cliniques sur la sécurité et l’efficacité , à condition qu’il existe suffisamment de preuves d’une utilisation médicinale du produit – éléments bibliographiques ou rapports d’experts détaillés -  pendant une période d’au moins 30 ans, dont au moins 15 ans dans la Communauté Européenne.
    Toutefois, cette procédure même « simplifiée » par rapport à celle qui est prévue pour les médicaments classiques, reste trop lourde et coûteuse pour des petites structures artisanales, surtout si elles ont une grande gamme de remèdes à faire valider. Ce sont donc pas les plantes médicinales, mais les petits acteurs de la filière qui seront poussés vers l’illégalité le 1 avril 2011.

    « L’approche adoptée aux Etats-Unis est un peu différente, mais a le même effet dévastateur. Les gens sont devenus des réceptacles pour toutes les cochonneries que l’industrie pharmaceutique et l’agrobusiness choisit de déposer, et nous n’avons d’autre choix que de payer le prix qu’ils demandent.
    L’industrie pharmaceutique et l’agrobusinesss sont presque arrivés à contrôler chaque aspect de notre santé, depuis la nourriture que nous mangeons jusqu’à la façon dont nous nous soignons quand nous sommes malades. Soyez-en sûrs : cette prise de contrôle prendra tout ce qu’il reste de notre santé.
    Dès le 1er avril prochain
    Dans un des pires poisson d’avril de tous les temps, la directive européenne pour les produits à base de plantes médicinales traditionnelles (THMPD) a été décrétée le 31 mars 2004.(1)
    Elle réglemente l’usage des produits à base de plante qui étaient auparavant librement échangés.
     »

    Librement échangés!? Certainement pas en France, en tout cas où le libre échange des plantes n’existe plus légalement depuis le début du XIIIè siècle, époque de l’institution des corporations des professions de santé (apothicaires, herboristes, médecins, épiciers…).
    De même, dans le plus grand nombre – la totalité ? - des autres pays de l’Union, des dispositions réglementaires légifèrent depuis très longtemps sur la question de l’échange des plantes médicinales.
    A mon avis, derrière ce texte, ce sont les gros distributeurs de compléments alimentaires qui « crient au loup » car ils sont en guerre médiatique contre leur « ennemi naturel »: les gros distributeurs de l’industrie pharmaceutique.
    Les producteurs du syndicat Simples ainsi que tous les petits acteurs indépendants de l’herboristerie européenne se trouvent quelque part dans un espèce de no-man’s land au beau milieu du front de la bataille et dans l’ombre de ces deux géants.

    « Cette directive demande à ce que toutes les préparations à base de plante soit soumises au même type de procédure que les médicaments. Peu importe si une plante est d’un usage courant depuis des milliers d’années. »

    Cette affirmation est encore fausse. En fait les exigences pour ces plantes sont réduites par rapport à celles d’un médicament classique. En fait,  une étude bibliographique scientifique détaillée et des rapports argumentés d’experts doivent apporter des éléments sur le recul d’usage traditionnel pour faire apparaître plausible l’efficacité du produit et réduire la nécessité de réaliser des essais précliniques et cliniques si l’usage traditionnel montre l’innocuité de ce produit dans des conditions spécifiées. Alors, l’autorité pourra conclure à un niveau satisfaisant de sécurité et d’efficacité du produit. En l’absence de données suffisamment documentées pour pouvoir bénéficier d’un classement en usage médical bien établi (dix années de recul), le recul d’utilisation est, pour relever d’un classement en usage traditionnel, d’au moins trente années, dont au moins quinze dans la communauté.
    Ce dernier point génère de fait une discrimination culturelle injuste en faveur de la culture européenne et plus généralement
    bibliographique.

    « Le coût de cette procédure, estimé à 90,000 à 140,000 euros par plante, est bien au-delà de ce que la plupart des fabricants peuvent payer et chaque plante d’un composé doit être traitée séparément. »

    Je ne sais pas si ces chiffres sont réels mais c’est clair qu’un remède traditionnel chinois ou ayurvédique composé parfois de 10 ou 15 espèces ne serait jamais « rentable » si on lui imposait un tel « péage ».

    « Peu importe si une plante utilisée depuis des milliers d’années est sans danger et efficace. Elle sera considérée comme un médicament. »

    Encore le même raccourci que précédemment.

    « Bien sûr, les plantes sont loin d’être des médicaments. »

     Je ne suis pas forcément d’accord avec cette affirmation. Cela dépend de la définition entendue pour le terme médicament. Si médicament signifie produit pharmaceutique standardisé, je suis d’accord: les plantes ne sont pas des médicaments; mais si « médicament » signifie remède alors je ne suis pas d’accord. Il est indéniable que les plantes médicinales peuvent être des remèdes thérapeutiques même si elles ont le plus souvent d’autres usages.
    C’est d’ailleurs pourquoi je plaide depuis plusieurs années pour le retour officiel d’herboristes formés et reconnus qui puissent aider le public à utiliser sereinement les plantes médicinales pour le bien de leur santé au quotidien.

    « Ce sont des préparations faites à partir de sources biologiques. Elles ne sont pas nécessairement purifiées, car cela peut modifier leur nature et leur efficacité, comme pour tout aliment. C’est une distorsion de leur nature et de la nature de l’herboriste de les prendre pour des médicaments. »

    Pas pour moi : les plantes médicinales peuvent soigner ou soulager des maladies et sont donc des médicaments. Il est toutefois évident que leur variabilité et leur recul d’usage souvent extrêmement important doit permettre de les différencier des médicaments de synthèse et de ne pas leur faire subir les mêmes obligations de contrôle et d’évaluation que ces derniers; obligations qui seraient en l’occurrence abusives et inadaptées.

    « Cela, bien sûr, ne compte pas pour le monde pharmaceutique européen contrôlé par Big Pharma, qui a gravé le corporatisme dans le marbre de sa constitution.
    Le Dr. Robert Verkerk de l’Alliance for Natural Health, International (ANH) décrit le problème qui se pose si l’on demande à ce que les préparations à base de plantes répondent aux mêmes normes de conformité que les médicaments :
    Faire passer un remède classique à base de plante provenant d’une culture médicale traditionnelle non-européenne au travers du système d’autorisation de mise sur le marché de l’UE s’apparente à faire passer une cheville carrée dans un trou rond. Le système de régulation ignore les traditions spécifiques et n’est donc pas adapté. Une adaptation est requise de toute urgence si la directive est discriminatoire à l’égard des cultures non-européennes et viole par conséquent les droits de l’homme.(2)
     »

    C’est vrai que ce système est discriminatoire; il favorise les remèdes issus des cultures dominantes. Il relègue à terme en dehors du circuit légal les cultures minoritaires et (ou) orales.
    Cela relance d’ailleurs l’idée souvent abordée dans les réunions du syndicat de créer des ponts et de la solidarité entre les producteurs Simples et d’autres producteurs et herboristes du monde.

    « Droit commercial.

    Pour mieux comprendre comment cela peut se produire, il faut savoir que les lois du commerce ont été au centre des initiatives visant à mettre tous les aspects de l’alimentation et la médecine sous le contrôle de l’industrie pharmaceutique et de l’agrobusiness.”

    C’est le modèle hypocrite, hégémonique et faussement libéral des multinationales qui gagne au nom du bien public du terrain dans toutes les institutions politiques.

    « Si vous avez suivi ce qu’il s’est passé aux Etats-Unis concernant le lait cru et la Food and Drug Administration (FDA) qui déclare que les aliments se transforment par magie en médicaments quand on affirme qu’ils sont bons pour la santé, vous avez pu remarquer que la Federal Trade Commission (FTC) a pris part au processus. »

    Dans notre pays, ce principe de l’allégation thérapeutique qui « fait » le médicament est inscrit depuis longtemps dans le Code de la santé publique.  A ce sujet, en France, La définition du médicament s’est considérablement étendue au cours du XXème siècle. A l’origine, pour simplifier, c’est une substance qui prévient ou traite les maladies, ainsi que l’avait d’ailleurs établi l’ordonnance du 4 février 1959 (JORF du 8/02/1959). Ensuite elle va également s’appliquer à toutes les substances qui peuvent restaurer, corriger ou modifier les fonctions organiques selon l’ordonnance n°827-67 parue au JORF du 28 septembre 1967, (ceci pour principalement répondre à l’apparition de la pilule contraceptive). En fait, cette nouvelle définition, beaucoup plus floue va permettre de justifier l’extension du monopole de la pharmacie à de très nombreux produits hygiéniques ou diététiques.

    « Les aliments et les médecines traditionnelles sont considérés comme des questions commerciales plutôt que comme une question de droits de l’homme. Cela place les désirs des grandes corporations, plutôt que les besoins et désirs des gens, au centre des lois sur les aliments et plantes. C’est cette distorsion qui transparaît dans les déclarations outrageusement absurdes de la FDA, affirmant par exemple que les Cheerios (des céréales de petit-déjeûner) et les noix sont presque des médicaments simplement parce qu’on dit que c’est bon pour la santé. »

    En France, à ce jour, il faut que la plante n’ait pas d’autres usage que thérapeutique pour être considérée comme une plante médicinale. (”Une plante médicinale est une plante présentant des propriétés médicamenteuses, sans avoir ni ne pouvant avoir aucune utilisation alimentaire, condimentaire et hygiénique” article L. 512, CODE DE LA SANTE PUBLIQUE). La  directive  N° 2004/24/CE ne semble pas remettre ce principe en cause.

    « Le but de tout cela est de sécuriser le monde pour le libre-échange des méga-corporations. Les besoins et la santé des gens ne rentrent tout simplement pas en considération.
    Comment combattre cette intrusion sur notre santé et notre bien-être
    Ce n’est pas chose faite, du moins, pas tout à fait. Si vous tenez aux plantes, et si vous vous souciez des vitamines et autres suppléments, agissez s’il vous plait. Même si ces questions vous semblent sans importance, pensez aux gens pour qui ça l’est. Doit-on leur interdire le droit au traitement médical et aux soins de santé de leur choix ?
    L’ANH lutte activement contre ces intrusions. Ils vont actuellement devant les tribunaux pour tenter de stopper la mise en application de la THMPD. Nous ne pouvons qu’espérer qu’ils réussiront, mais l’histoire récente montre qu’aucune manœuvre légale ne peut s’opposer à ce rouleau compresseur. Nous ne pouvons pas nous asseoir et attendre les résultats de leurs efforts. Nous devons voir leurs efforts comme faisant partie d’un tout, dans lequel chacun de nous joue un rôle.
    C’est à nous—à chacun d’entre nous—d’agir. Si vous vivez en Europe, envoyez s’il vous plait une lettre ou un message à votre Membre du Parlement Européen. Consultez cette page pour trouver qui c’est et comment le contacter. Puis, envoyez une lettre déclarant, en termes non équivoques, que vous soutenez fortement l’action de l’ANH pour stopper la mise en application de la THMPD et que vous espérez qu’ils vont aussi prendre position pour les droits des gens et choisir les remèdes médicinaux.
    Imaginez-vous devant vos enfants ou petits-enfants vous demandant pourquoi vous ne l’avez pas fait. Comment allez-vous leur dire que leur bien-être ne vous intéressait pas ? Comment allez-vous leur dire que regarder la dernière émission de télé-réalité importait plus que de consacrer quelques instants à écrire une simple lettre ?
    C’est seulement en luttant activement que cette farce contre notre bien-être peut être stoppée. Si nous restons dans l’apathie, alors ça arrivera. Notre droit à protéger notre santé et celle de nos enfants est sur la balance. Si vous vous souciez du bien-être de vos enfants et petits-enfants, vous devez agir. Exprimez-vous, car maintenant, c’est le moment de vérité. Vous pouvez rester assis et ne rien faire, ou vous pouvez vous exprimer.
    Et après l’avoir fait, parlez-en à toutes les personnes que vous connaissez. Dites-leur qu’il est temps d’agir. Il n’y a vraiment pas de temps à perdre. 
    »

    Je le redis, je ne souscrirai pas à l’appel de Mme Stevenson car il est erroné, subjectif et présente, à mon avis, un ton manipulateur qui dessert la cause qu’il veut soutenir.

    Il existe en France et dans bien d’autres pays d’Europe des herboristes, des usagers, des producteurs, des enseignants, des scientifiques, universitaires, thérapeutes, médecins et même des politiques qui croient à l’avenir de la médecine traditionnelle des plantes et œuvrent pour la reconnaissance objective et indépendante de l’herboristerie à l’échelle européenne. Puissent-ils se rencontrer et se fédérer pour aboutir le plus rapidement possible.



    9 Commentaires ou annonces »

    1. valyherba a écrit,

      15 novembre 2010 @ 17:45

      Merci Thierry !
      je me suis connectée justement pour avoir vos avis sur le sujet !
      ouf, un petit stress passagé.

    2. MHerzog a écrit,

      16 novembre 2010 @ 19:15

      Cher Monsieur,
      Merci pour votre article et vos idées. Naturellement, ce serait merveilleux que le métier d’herboriste soit réhabilité. Mais malheureusement cela est totalement utopique, car justement l’inductrie pharmaceutique, très puissante, a déjà éliminé les herboristes … depuis très longtemps.
      Alors, sans les herboristes, que va-t-il se passer si cette nouvelle loi est acceptée ? Voila, à mon avis, la question à se poser.
      Concernant le métier d’herboriste, avez-vous des informations concernant une réhabilitation possible ? Merci d’avance aux personnes qui pourraient fournir des informations à ce sujet, en France et dans les autres pays.
      En Suisse, l’industrie pharmaceutique, très puissante, s’est totalement opposée et cette formation d’herboriste n’est pas reconnue. Pourtant des demande de reconnaissance ont été réalisés ces dernières années, sans succès.
      Meilleures salutations.
      Michèle Herzog (3 années de formation à l’école de plantes médicinales l’Alchémille, Suisse)

    3. MHerzog a écrit,

      16 novembre 2010 @ 19:42

      Bonsoir,
      Malheureusement imaginer que le métier d’herboriste soit réhabilité est une utopie. Il a justement déjà été éliminé par l’industrie pharmaceutique et a disparu.
      La question à se poser: Que va-t-il se passer si cette loi est acceptée (sans imaginer que le métier d’herboriste soit réhabilité) ?
      Meilleures salutations.
      Michèle Herzog

    4. commentaires a écrit,

      25 novembre 2010 @ 0:20

      A la lecture de votre analyse, on peut sincèrement espérer que la directive européenne n’aura pas autant de conséquences fâcheuses que celles annoncées.
      Néanmoins, j’attire votre attention sur deux points (ce n’est que mon intérêt pour le sujet, en tant que simple citoyenne, qui m’a conduit aux documents cités ci-dessous).

      1. D’abord, il est frappant de voir la différence de préparation à cette directive entre le Royaume Uni et la France, par exemple.

      Au Royaume Uni, la mise en œuvre de la Directive semble avoir été faite très sérieusement par les autorités, avec la diffusion d’informations très claires aux acteurs concernés, que l’on peut trouver sur le site de la MHRA (Medicines and Healthcare products Regulatory Agency) :

      http://www.mhra.gov.uk/Howweregulate/Medicines/Herbalmedicines/PlacingaherbalmedicineontheUKmarket/TraditionalHerbalMedicinesRegistrationScheme/Productregistrationscheme/index.htm

      Sous la rubrique “Traditional Herbal Medicines Registration Scheme”, on y trouve des pages d’informations, une FAQ, des documents téléchargeables, , parmi lesquels le PDF “Guidance for retailers, wholesalers, importers and manufacturers on registering herbal medicine under the THMR scheme “.

      On peut y lire - écrit en rouge ! - “Where an unlicensed herbal remedy benefits from transitional protection, you cannot continue to place supplies of the product on the UK market after 30 April 2011. This underlines the importance of getting any THRs that you need in good time for April 2011 if you wish to market herbal medicines after 2011 with no break in continuity.”

      L’application de cette directive est également suivie de près par la British Herbal Medicine Association, qui propose un séminaire sur le sujet en janvier 2011 :
      http://www.rpharms.com/events-and-courses/herbal-products-after-april-2011.asp

      En France, en revanche, il ne me semble guère que l’application de cette directive soit préparée avec autant de soin ! On ne trouve absolument rien de similaire sur le site de l’AFSSAPS.

      Les médias n’en parlent pas, et je ne sais pas si beaucoup de petits (voire grands) producteurs sont au courant de cette directive et surtout de ses contraintes (par exemple, chaque médicament manufacturé à base de plante médicinales doit recevoir individuellement une autorisation).
      Il serait dommage que les seules “informations” qui circulent soient, d’une part, celles, assez outrancières sans doute et fausses en partie, qui sont reprises du site newsoftomorrow.org - et présentées du coup comme un “hoax” ; et d’autres part, les commentaires “démystificateurs” qui en sont faits, qui n’expliquent pas comment se préparer concrètement à la mise en application de la directive.

      2. A propos de la définition des plantes médicinales comme des plantes “présentant des propriétés médicamenteuses, sans avoir ni ne pouvant avoir aucune utilisation alimentaire, condimentaire et hygiénique” : ceci n’empêche pas l’agence européenne des médicaments de produire des documents sur la menthe poivrée…

      http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Herbal_-_HMPC_assessment_report/2010/01/WC500059394.pdf

      http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Herbal_-_Overview_of_comments_received_during_consultation/2010/01/WC500059315.pdf

    5. jd Metzger a écrit,

      30 novembre 2010 @ 17:53

      J’ai cru comprendre que la mention d’un “hoax” et d’une “démystification” se rapporte à une note parue sur mon blog dans la mesure où la version originale de cette note a fait l’objet d’un relais sur newsoftomorrow.org.

      L’impression de “hoax” est due sans doute au titre original. L’article visé par le présent échange étant si peu précis sur le plan juridique qu’il se trouve que j’ai cru positivement à une “fausse alerte”avant de me raviser. Ayant réalisé mon erreur très rapidement, il se trouve que j’ai été pris de court par la reprise de mon texte original sans autorisation sur newsoftomorrow.org. Ainsi et pour ne pas perdre le bénéfice du lien j’ai changé mon titre en le mettant à la forme interrogative “fausse alerte (…) ?”.

      Si l’intervenant de newsoftomorrow.org avait commencé par me demander l’autorisation avant de reproduire ma note, je n’aurais pas à déplorer une situation fausse car cela m’aurait laissé le temps de corriger ma note ! Malheureusement ce genre de site conspirationniste où l’on publie à peu près n’importe quoi sans contrôle sérieux fait le jeu de la désinformation ambiante en brouillant tout. Cette publicité s’est donc avérée à double tranchant car si elle m’a valu quelques abonnés de plus, il semble qu’elle ait attiré l’attention d’une fonctionnaire de l’AFSSAPS. Après enquête il s’agirait d’une personne ayant agi en tant que simple particulier. Il n’empêche que l’on doit se demander s’il ne vaudrait pas mieux se passer du genre de pub dont je viens de parler…

      Pour ce qui concerne la “démystification”, je crois bien être le seule a être, du fait de ma formation juridique (je suis un ancien expert judiciaire) le seul à être entré dans certains détails et ce dont on parle est une menaces extrêmement alarmantes qu’il faut bien qualifier d’annonce mortifère.

      Et M. Thierry Thévenin ne semble pas du tout en avoir conscience. Non seulement la résurrection de la profession d’herboriste (supprimée en 1941 par l’immonde gouvernement de Pétain) n’aura jamais lieu mais l’auteur n’a manifestement pas la moindre idée de tout ce qui se trame avec le genre de réglementation dont il est question.

      J’espère qu’en dépit de cette réserve mon commentaire ne sera pas censuré. Il est grand temps en effet d’ouvrir les yeux car en fait de mesure concrètes à prendre il est sans doute trop tard puisqu’en France personne ne semble avoir réalisé la gravité de ce qui se présente.

    6. magali a écrit,

      2 décembre 2010 @ 20:17

      Bonjour

      En fait, ce qui reste flou pour moi c’est : est ce réaliste de penser que l’on va pouvoir s’installer en tant que producteur en PPAM?
      merci
      bonne continuation
      magali

    7. Thierry Thevenin a écrit,

      3 décembre 2010 @ 1:03

      Bonjour,
      vous pouvez bien sûr vous installer en tant que productrice de PAM, il en existe quelques centaines dans notre pays qui vivent (tant bien que mal) de leur métier.
      la question à se poser est surtout celle de votre mode de commercialisation. il y a plusieurs cas de figure:

      1- vous ne vendez pas votre production au public,
      vous allez vendre à bas prix (très approximativement 3 à 30 euros le kg sec, frais, surgelé), à un laboratoire, un négociant, un industriel de l’agroalimentaire, etc., dans un contexte de marché libéral mondialisé. vous devez donc devoir produire de gros volumes en mécanisant les opérations pour baisser vos charges de production; vous pouvez produire et vendre à peu près tout, à l’exception des stupéfiants, et encore… le pavot somnifère (Papaver somniferum L.) est la première plante médicinale cultivée - sous contrat avec un laboratoire - en France en terme de surface (9000 ha).

      2- vous vendez au public,

      a) vous vendez vos plantes en tant que complément alimentaire avec une allégation (non thérapeutique, mais d’ordre nutritionnel! la frontière est floue et sujette à interprétations et débats ou même conflits) , le prix de vente est très variable suivant si la forme est un extrait, une gélule, une infusette, etc. (très approximativement entre 100 et 450 euros/kg) vous devez procéder aux démarches réglementaires relatives à la commercialisation des compléments alimentaires (décret 2008-839 du 22 août 2008). vous allez devoir accéder à une certaine dimension économique, car la lourdeur de ces démarches ne serait pas rentable dans le cas d’une petite production, surtout si la gamme est étendue. Environ 200 espèces sont concernées par cette situation.
      b) vous vendez votre plante (issue de la liste des 148 espèces en vente libre en l’état, voire en poudre par le décret 2008-841 du 22 août 2008) en tant que plante à usage multiple : alimentaire, condimentaire, tinctorial, … sans revendiquer aucune allégation thérapeutique ou nutritionnelle! et là vous vendez votre production à un prix qui est compris (également très approximativement) entre 80 et 160 euros/kg. A l’heure actuelle, (pour combien de temps) il ne vous sera pas demandé de démarches administratives particulières pour pouvoir commercialiser votre produit. Vous êtes au même “régime” que n’importe quel agriculteur.
      Mais, dans ce dernier cas, toute la subtilité sera de répondre aux questions de vos clients qui très naturellement sont très demandeurs de conseils et d’éclaircissement quand aux usages de ces plantes, car ils sont aujourd’hui paradoxalement à la fois “écrasés et noyés” par une masse énormes d’informations émanant de sources les plus diverses et en même temps “démunis” (j’ai envie de dire “orphelins”) de véritables interlocuteurs formés et fiables et légaux: ceux qui s’appelaient eux-mêmes autrefois les “herboristes”.

      enfin, pour répondre en même temps à certains commentaires précédent le vôtre, je ne suis ni “innocent”, utopiste, naïf ou inconscient vis à vis de la situation et de la tendance actuelle en matière de plantes médicinales et de “marché”, je crois simplement qu’il y aura toujours une place pour celles et ceux qui pratiquent le métier d’herboriste avec conviction, sérieux et passion.
      Durant les 8 derniers siècles où la délivrance des plantes médicinales à été contrôlée par les pouvoirs publics ou les corporations (depuis la Lettre patente de 1336), les herboristes n’ont eu une existence légale et officielle que pendant seulement 150 ans, de 1778 à 1941, et encore avec de multiples procès et tentatives d’éradication de la part de certains autres acteurs de la filière. Pour autant ils n’ont jamais cessé d’exister car il existe un attachement puissant, durable et légitime entre l’herboriste et la population française.
      c’est un métier qui a du mal à faire “sa place” car il est complexe, hybride, il se situe à l’exacte croisée de 2 secteurs qui sont curieusement socialement “étanches” (agriculture et santé). mais cette situation particulière fait aussi sans doute sa pertinence.
      Depuis 70 ans qu’il a été “assassiné”, il soulève toujours régulièrement débats, actions et interrogations de la part de la société civile et même de certains élus.
      je veux croire qu’il puisse et doit être accueilli à nouveau par notre société et je veux œuvrer pour sa réhabilitation.

    8. macha a écrit,

      10 décembre 2010 @ 21:03

      Bonsoir,
      Je fais suite à votre précédente réponse car il me semble essentiel de préciser que l’article d’origine et votre réponse (dont je vous félicite) ne concerne pas les compléments alimentaires à base de plantes.
      En effet ce texte ne concerne que les médicaments traditionnels à base de plantes issus de la directive médicament 2004/24.
      Les compléments alimentaires (notamment à base de plantes) sont régis par la directive 2002/46 et intégré en droit français par le décret 2006-352.
      Le décret 2008-839 que vous citez, a permis de sortir du monopole pharmaceutique les plantes contenues dans les compléments alimentaires ayant fait l’objet d’un accord de commercialisation par la DGCCRF conformément au décret 2006-352.
      Il me semble que les utilisateurs et conseilleurs de compléments alimentaires peuvent se rassurer : aucune modification de la réglementation sur les compléments alimentaires n’est prévue.
      Il existe d’ailleurs un grand paradoxe : si les plantes médicinales ne peuvent pas être vendues comme médicaments traditionnels à base de plantes, elles pourront toujours être trouvées dans les compléments alimentaires : seule l’allégation attachée au produit changera.
      Pourriez-vous préciser d’où vient la date du 1er avril 2011 que je ne retrouve pas dans les textes ?
      D’avance merci.

    9. Thierry Thevenin a écrit,

      12 décembre 2010 @ 18:47

      En fait, à ma connaissance, je crois que personne n’a trouvé où que ce soit en dehors du texte de Mme Stevenson cette fameuse date du 1er avril 2011…

      Quand au grand paradoxe auquel vous faite allusion, il illustre très bien à mon avis l’illusion que se font les “normalisateurs” à vouloir enfermer les remèdes à base de plantes médicinales : produits vivants, multiséculaires, multi-usuels, multi-culturels dans des “cases” juridiques ou commerciales, définies ou étanches.
      les plantes médicinales sont encore bien souvent des herbes sauvages, elles ont peut être bien une tendance naturelle et récurrente à s’échapper des “prés carrés” et des “concessions”…

    2
    Jeudi 16 Décembre 2010 à 19:44

    Et pour encore compléter, un article paru sur Rue89 le 14 décembre 2010 :

    Europe : mon plaidoyer pour les plantes médicinales

    Par Michèle Rivasi | Députée européenne | 14/12/2010 | 11H23

     

    Les plantes médicinales traditionnelles vont-elles disparaître en Europe le 30 avril 2011 ? En théorie, non. Mais des produits utilisés pour la médecine traditionnelle chinoise ou indienne (ayurvéda), certains compléments alimentaires, et plus largement la filière bio artisanale risquent de faire les frais de la nouvelle donne européenne.

    Deux système parallèles pour les produits à base de plantes

    La situation des plantes médicinales en Europe est un véritable imbroglio. Leur usage est réglementé par deux systèmes d'enregistrement distincts :

    • L'un de type pharmaceutique, auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA). C'est cette fameuse directive de 2004 sur les plantes médicinales traditionnelles qui focalise toutes les critiques mais dont la date butoir du 30 avril 2011 concerne en réalité les médicaments traditionnels à base de plantes (abrégé THMPD dans le jargon européen).
    • Le second permet l'enregistrement des plantes en tant que complément alimentaire. Il correspond à un règlement de 2006, dont les allégations de santé sont elles en cours d'évaluation par l'agence européenne des aliments (EFSA).

    La grande majorité des fabricants de produits à base de plantes joue sur les deux systèmes. Des lors que l'enregistrement pharmaceutique est devenu trop compliqué, les entreprises ont souvent préféré emprunter la voie des compléments alimentaires pour diffuser leurs produits.

    ... la suite de l'article ici !

     

    3
    sandyaz
    Jeudi 22 Décembre 2011 à 08:35
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