Le barrage de Thérondel (800 000 m3) sur le Tescounet (petit affluent du Tescou) a été réalisé et mis en eau début 2010.
Par contre, le projet de la retenue de Sivens connaît une avancée chaotique.
· En 1963 un projet d’immense lac de loisirs tombe … à l’eau.
· Il renaît en 1989. La Compagnie d’ Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG) est chargée d’une étude technique de faisabilité pour la retenue de Sivens. Des oppositions locales, notamment les 4 agriculteurs présents sur le site empêchent toute reconnaissance de terrain.
· En 1993 création de l’ « Association des irrigants du Tescou en Tarn et Garonne ».
· En 2000 les Conseils généraux du Tarn et du Tarn et Garonne (instigateur de la renaissance du projet ) affirment leur intérêt à trouver des solutions de renforcement de la ressource en eau sur le bassin du Tescou. Durant toutes ces années des relances pour les études ont lieu (offensives fortes en 1993, 2000, 2006) accompagnées de quelques réunions de concertation très locales, restreintes. La CAGC réalise, en 2000, un étude qui justifie d'un besoin de retenues sur ce bassin versant.
· En 2002 le CG du Tarn acquière la propriété de la « Métairie neuve » et ses terres.
· En 2006 le CG du Tarn, décide de se porter Maître d’ouvrage pour le projet.
· En 2007 la CG du Tarn attribue à la CACG la concession publique d’aménagement.
· Les calendriers prévisionnels, établis par la CACG indiquaient des démarrages d’enquêtes d’utilité publiques en 2008, 2009, fin 2010 -----, rien à ce jour. En effet les enquêtes d’utilité publiques sont reportées ; des compléments d’étude sont nécessaires afin de trouver des solutions techniques à des problèmes et des contraintes qui émergent au fur et à mesure : le sous sol n’est pas propice à une retenue d’eau (peu de relief, pas assez d’argile, il faudra en amener, longue durée des travaux), zone humide à restituer, passe à poisson et transit des alluvions nécessaires, présence d'espèces protégées, nécéssité de compenser la destruction de la zon humide.
Le coût de ce projet, aujourd’hui d’environ 7 Million d’€ TTC (valeur 2007), cofinancé en principe par l’état, la région, l’Union Européenne et l’agence Adour Garonne à hauteur de 80 % ; reste 20 % à la charge des Conseils Généraux du Tarn et du Tarn et Garonne à répartir au prorata des surfaces irriguées dans chaque département (60 % Tarn et Garonne et 40 % Tarn, données à réactualiser).
La société a évolué, prenant conscience qu’il faut préserver la ressource en eau, en quantité et en qualité. La législation l’a prise en compte et la France a souvent été épinglée au niveau de l’Europe. Nous savons que le productivisme agricole, les cultures nécessitant énormément d’eau comme le maïs consommant plus de 2000 m3 / ha, caractérisent des systèmes agricoles où l’érosion et la pollution (nitrates et pesticides) sont maximales. Ce sont les défenseurs de cette agriculture eux-mêmes qui qualifient le Tescou de « rivière capricieuse dont les inondations sont redoutées à Montauban », en effet rien n’arrête l’eau, plus de haies, drainage, etc. Agronomiquement c’est un désastre pour les sols.
Concernant les pollutions conduisant à devoir assurer un débit minimal pour salubrité en périodes sèches, ne serait-il pas plus raisonnable de traiter les pollutions avant leurs rejets dans la rivière ? La Loi l’obligera dans un proche avenir. Car c’est aussi sous couvert de vouloir restaurer un bon fonctionnement, ce qui est louable, de la rivière Tescou que ce projet est défendu.
· Réduire les prélèvements d’irrigation: un certains nombre d’agriculteurs ont déjà changé d’orientation pour revenir vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Ils ont d’autres pratiques culturales : élevage extensif en amont du Tescou, productions plus adaptées à ce territoire, nécessitant peu d’irrigation, des productions diversifiées …...
· Concernant l’ensemble des lacs collinaires, en 2014 selon la Loi sur l’eau de 2006, en périodes d’étiage, les débits des petits cours d’eau qui les alimentent devront rejoindre le Tescou.
Les missions du Syndicat Mixte TESCOU-TESCOUNET sont en cohérence avec ces alternatives.
Info complémentaire probablement corrélée : une situation particulière en Tarn et Garonne, en effet 75 % (20 % ailleurs) des prélèvements d’eau reviennent à l’industrie, surtout utilisés pour refroidir la centrale nucléaire de Golfech. en 2009 EDF SA a dépassé le volume maximum annuel d’eau de la Garonne qu’elle est autorisée à prélever soit : 44,3 Millions de m3 ont été évaporés, 2,3 Millions de m3 de plus que la limite légale. De plus le 18 janvier 2010, 450 m3 d’effluents radio actifs ont été déversé dans l’environnement. Une plainte concernant ces faits a été déposée par de nombreuses associations (dont Réseau Sortir du Nucléaire). Les centrales nucléaires rejettent régulièrement en fonctionnement normal dans la Garonne des éléments radioactifs et chimiques ainsi que de la chaleur, rejets encadrés par la loi. Même si la retenue de Sivens est surtout destinée pour l’irrigation, en période d’étiage toutes les petites ressources peuvent être mises à contribution pour les besoins colossaux de Golfech.
Le projet de Charlas étant abandonné, ce sont 63 retenues potentielles qui sont envisagées.